Le temps
Il court, il court le temps,
Cavale emballée,
Eparpillant souvenirs ou regrets,
comme des feuilles abandonnées au vent,
Brûlant du feu de ses fers
Les fleurs glorieuses du printemps,
Dévastant le coeur de la terre.
Dans quels précipices,
Dans quelles chimères
Se sont perdus nos vingt ans,
Nous laissant tristes et amères,
Avides d'encore un peu de temps,
Qu'il est loin le temps de l'impatience
Où l'on aspire à devenir "grand",
Pressé de quitter la tendre innocence,
Les temps de joies insouciantes..
Combien de courses errantes
Après la fuite du temps ?
Combien de batailles navrantes
Afin d'être maître du temps.
Il court, il court le temps,
Impitoyable, indifférent,
Nous menant vers es matins
De solitude, de chagrin.
Il court, il court le temps
Vers un précaire futur, s'appelant demain.