LA COURS DES MIRACLES
Cour des miracles
Parias de la table de la vie
Personnages de fantasmagorie.
La fille, toujours soumise,
Exhumée d’un quelconque claque
Tend une main de suppliante,
La démarche imprécise.
Misères des vieilles mendiantes.
Le clochard, figure pittoresque,
Homère hilare dans son cloaque
Applaudit, bouffon, aux largesses
Des dames patronnesses.
Ces fantoches disparaissent de la rue
Laissant place aux nouveaux barbares
Exhibant, narquois,
Les plais de leur vie,
Vomissant leur rage,
Transformant la ville en décharge
D’ordures et de mots crus.
Univers de tragique désarroi
Sans visage, ni regard,
L’injure à la bouche,
L’allure avinée et louche
Cinglant de leur avanie
Tout ce qui leur semble nantie.
Avilis dans leur pathétique fumier
L’horreur qu’ils suscitent
Rappelle qu’ils existent
Et devant ce rejet
Dans un ultime sursaut, ils crient,
Nous sommes des hommes, nous aussi.