CRISE DE FOI Dieu, Jupiter ou Allah Dieu implacable. Dieu évanoui Devant qui Psalmodient les Mollahs, Pendant que des vieillards agonisent dans l’indifférence Hurlant d’impuissantes souffrances. Dieu d’injustice et de colère N’écoutant plus les misères. Des enfants crèvent dans les Sexes voyages. D’autres s’épuisent en esclavage. Dans sa galaxie Dieu trône assis, rassis. Des petites mains innocentes Se tendent vers lui, Vers le couteau qui, En son nom, les sacrifie. Dieu éclairé Contemplant impassible, indifférent, Des femmes éventrées. Dieu absent Dieu inexistant. Dieu que l’on prie, L’assaillant de désirs et de cris. Dans la pourpre ou les chaumières, Dans les ténèbres sataniques Ou en pleine lumière, Le visage extatique, La haine à la bouche, Les bourreaux en treillis ou babouche Demandent merci, merci.
LES CROIX Croix de l’horreur Chemin de triomphe et d’honneur Pour les antiques vainqueurs. Croix de baptême Stigmatisant l’enfant à peine né, Huile sainte de Jérusalem Couronnant le roi guerrier. Croix de Lorraine Surplombant villes et plaines Fustigeant les âmes indécises Exaltant les victoires promises. Croix infâme Peinture sale sur les crânes rasés De malheureuses femmes Aux corps écervelés. Croix de bois anonymes, abandonnées A quelques dates commémorées. Croix de fer Glorifiant la guerre. Croix de feu Dressées sur des bûchers catthares, Des sans Dieux Des peaux noires. Croix de mort et de souffrance Symbole d’amour Et de vacillante paix, Exacerbant les vautours Croix d’intransigeance Désespérant les hommes imparfaits. s
Fils de Sem... Dans une boite enfumée Fusent des rires Et des cris d’allégresse. Deux jeunes hommes s’élancent Sur une musique orientale Et s’engagent dans la danse. L’un deux par son faciès Evoque le désert ou la casbah, L’autre, les steppes glacées ; Fils de Sem ! Vos sourires parlent d’amitié Et vos pas d’un fraternel passé. Dans une maison enfumée Meurent les sourires Et fusent les cris de détresse, De jeunes hommes s’élancent Au nom d’un idéal Et découvrent la souffrance, L’un évoque par son fasciès La casbah ou le désert L’autre les steppes glacées. Fils de Sem ! Vos regards parlent d’horreur Et vos pas annoncent le malheur. Fils de Sem ! Connaîtrez-vous un jour, la paix.
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Musique : "FORTUNA IMPERATIS" de CARL ORFF
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