PETIT PIAF Plantée sur la scène, Droite comme une lame, Les cheveux éparses, Silhouette sans grâce, Le visage bouffi derrière l’âme, Elle crie sa peine. Voix d’airain A la limite de la déchirure. Comme deux oiseaux très purs, Palpitent ses mains… Mordant la vie sans limitation de vitesse, Passant des fou rires Aux rires fous du désespoir, Ecartant les ornières de sa mémoire, Oubliant tristesse, Solitude et déboires. Toujours plus loin, toujours plus haut, Tels des oiseaux A qui l’on crève les yeux Pour libérer leurs chants plus encore… Elle bouleverse, envoûte. Le regard aveugle, mais sans un doute, Elle poursuit sa route. Petit Piaf jetant ses accords, Encore et encore….
Régine Derrière ses faux-cils, son maquillage, Régine nous mène en voyage, Emportant ses sourires, ses boas, Drapée d'ambres et de falbalas. Est-ce une illusion ou une femme ? C'est en tout cas Une grande dame, Semant ses petits papiers, Livrant ses secrets. Boulimique de la vie, Le regard nu, Fixant l'infini, Trainant ses regrets comme une traîne, Les yeux levés vers la boule au plafond, Elle imagine des histoires, des papillons, Elle cherche l'inconnu. Régine, régina de la nuit, Solitaire comme une reine, Reine des exclus, Sensible à la détresse, Indifférente aux préjugés, Déterminée à lutter, Adversaire de la misère, Quatre lettres forment le nom de son combat... SIDA.
Juliette GRECO Du ciel à la mer, Un océan de chimères, Un petit poisson Eperdu de passion Et d'envie Roucoule auprès d'un oiseau de paradis. Dans un champ de tournesols Où jouent des lucioles, Rougissant, un coquelicot Imite les pavots. Egérie de l'après-guerre, Elle poursuit son chemin Tendue vers le lendemain. Juste un peu désenchantée et amère.
Dalida De Bobino à Bambino Jusqu'aux faubourgs du Caire, Elle a chanté la tendre guerre, Traversant nos existences, Exhalant tristesse, souffrance, Avec les hommes de sa vie, Avec Gigi. Elle a joué à avoir toujours dix-huit ans, Mais avec le temps, Les mots d'amour Sont devenus des mots de tous les jours. Parole et parole. Pour ne pas vivre seule, Elle a oublié que les hommes sont veules Et offert son coeur en babiole. Elle a aimé à sa manière, Longue silhouette fière. Mais un jour, plus de paroles, Finie la comédie, Plus de toujours, Plus d'amour, Plus de leurre, de tromperie. Parle plus bas, Il n'y a plus de Dalida. Finie la comedia...
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