S’il est coutumier, pour ne pas dire profondément ancré dans les convictions de certaines personnes, que les choses se passent parce qu’elles sont écrites, je penche plus pour une thèse ou le hasard est un élément déclencheur, comme une mèche qui s’allume pour enclencher un mécanisme fait de nos personnalités, nos sensibilités, nos aptitudes à agir et à construire.
Cette étincelle, en ce qui nous concerne Yolande et moi, fut un geste tout ce qu’il y a de plus simple… une porte ouverte… En l’occurrence celle du restaurant de Yolande, « le clin d’œil » à Toulon… C’était en 1992…
Je ne suis pas un assidu des restaurants, y allant très occasionnellement… Je ne sais plus exactement dans quelles circonstances je suis entré chez Yolande et Alain (son mari) ce soir là si ce n’est que nous étions en groupe.
La soirée fut bien plus longue que ce que je m’autorisais d’ordinaire. Le ton, les plaisanteries, un étrange bien-être immédiat et de francs fous rires (ce qui ne m’était plus arrivé depuis longtemps dans un lieu public) m’ont amené à éprouver le besoin d’y retourner assez rapidement.
Fi du hasard… Désormais, au gré de mes visites, les échanges parfois houleux mais plus souvent rigolards allaient nous amener à nous connaître, à nous apprivoiser tant la similitude de nombreux traits de caractères aurait pu éloigner nos chemins. Le tout s’est fait le plus naturellement du monde, presque sans douleur dirai-je.
Nos univers étaient paradoxalement éloignés et proches…. Eloignés du fait de nos occupations, de nos choix de vie, proches du fait de démarches bien souvent similaires dans des domaines pourtant distincts.
Les premières années furent consacrées à la découverte de l’univers de l’autre, musical, littéraire, cinéma, ce qui fait les passions de chacun et chacune. Très rapidement Yolande s’est intéressée à ma peinture tandis que j’ignorais encore qu’elle écrivait des poèmes.
Notre côté « volontaire » nous amena à concrétiser certains projets dont celui de spectacles dans le restaurant qui reste un de mes meilleurs souvenirs.
Puis, en 1999, après une exposition de peinture à l’association « AIDES Provence Côte d’Azur », tout s’est précipité. A l’origine d’un projet sur une bande dessinée dont la recette des ventes allait être reversée à l’association, je compris immédiatement qu’il me faudrait être accompagné de personnes « solides » et « endurantes » tant il était évident que la notion de temps, près de 10 mois, nécessaire à la concrétisation de ce projet allait être importante (le sujet est abordé en détail dans la première page de la rubrique consacrée à la bande dessinée).
A compter de cette période un échange artistique total fut notre lot quotidien, renforçant une amitié déjà fortement enracinée dans le terreau des années passées.
Plusieurs expositions virent toiles et poèmes présentés au public côte à côte. Certaines toiles naquirent à la suite de poèmes et vice versa. Ce fut une période riche d’enseignement pour l’un comme pour l’autre car nous nous sommes aperçus que nos univers artistiques étaient terriblement proches pour ne pas dire complémentaires…
Ma venue à Vienne (Isère) mis à mal cette collaboration mais n’atténua nullement notre amitié. Les aléas d’une nouvelle vie m’amenèrent à redéfinir certaines priorités qui m’éloignèrent du monde de la peinture dans tout ce qu’il a de démarches administratives, d’expositions… Trouvant dommage qu’une histoire pareille puisse se terminer ainsi, j’ai pensé avec l’approbation de Yolande que ce site pourrait non seulement faire connaître notre « travail » à tous deux, mais surtout entretenir la flamme de cette échange culturel si cher à mon cœur.