TOURNE, TOURNE LA ROUE
Des sourires hilarants maquillent de vilaines têtes
Dans un bruit de flonflon et de fête.
La roue tourne, tourne,
Sans trêve ni répit.
La foule pousse des cris.
Des yeux indifférents ou bêtes
Regardent des fleurs, déjà flétries.
Et la roue tourne, tourne.
Les enfants forment des farandoles.
Un mendiant attend une obole.
Et la roue tourne, tourne.
Des amoureux au milieu du monde
S’étourdissent de baisers.
Encerclés par la ronde,
Ils se sourient, émerveillés.
Et la roue tourne, tourne.
Un vieil ivrogne cuves son vin.
Un costaud du village
Beugle et hurle sa rage,
Se voulant fils de Caïn.
Et la roue tourne, tourne.
La musique s’arrête.
Fini la fête,
Et toute bête,
Insensible, la roue tourne, tourne.